Connexion à internet : jusqu’où ?

Published on 08 Nov 2010 by Adrien Humilière.

Tout le monde a finit par le savoir. Il y a quelques jours, la société de téléphonie népalaise Ncell, filiale du groupe suédois TeliaSonera, a annoncé avoir couvert en réseau 3G le sommet de l’Everest (8848 mètres). Les ingénieurs de la firme ont installé 8 antennes relais (dont 4 alimentées par des panneaux solaires), la plus haute se trouvant à 5164 mètres près du village de Gorakshep.

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On voit partout sur le net des réactions de blogueurs et journalistes s’enthousiasmant de ce fait, considérant que c’est un incroyable avancée pour les alpinistes qui pourront communiquer avec leurs familles et envoyer des rapports de leurs expéditions par internet. Bientôt un livetweet de l’ascension ?

Comme le dit très bien le blogueur Presse Citron, “Avant, quand on atteignait un point de saturation à force d’être hyper-connecté au point de passer près des trois quarts de ses journées et de ses nuits sur internet, le remède était simple : hop, un petit trekking dans l’Anapurna, une escalade du K2 et on était désintoxiqué pour quelques semaines. Loin de tout, et du web, surtout.”

Je suis loin d’être réfractaire à la technologie (bien au contraire), mais il y a clairement une évolution malsaine qui se trame dans cette histoire. Il n’y aura bientôt plus aucun espace sur terre où nous serons à l’abris du “tout connecté”. Ce qui est plaisant, en montagne, c’est justement d’être coupé de tout, quitte à sacrifier un certain confort. Il y a quelques années, il était encore extrêmement rare de trouver dans les refuges de montagne une douche, l’eau courante ou l’électricité. Aujourd’hui, il devient impossible de trouver un refuge qui ne dispose pas de ces ressources.

Nous sommes dans une société où il devient impossible de prendre des risques. En montagne, toutes les activités sont dangereuses et nous y perdons régulièrement des amis. Cela fait partie de l’aventure et les personnes qui s’y lancent (toujours avec passion) sont conscientes des risques qu’elles prennent.

Essayons de gardez vierge ce formidable terrain de jeu.