Trail trip Oisans : préparation

Published on 31 Jul 2017 by Adrien Humilière.

Quelques jours de liberté pendant l’été (tout le reste de la famille en vacances), pas de vacances en montagne prévues, que faire ?

C’est globalement ce qui m’a animé quand j’ai réservé un aller-retour en train-couchette pour Briançon — le dernier pour les Alpes. Départ le samedi soir et retour le mardi matin, à l’heure pour aller bosser.

Maintenant, il va falloir trouver de quoi s’occuper pendant ces deux jours. Et pourquoi pas du trail ? 😇

Départ et arrivée

Trouver un (bon) parcours est toujours assez complexe. Quand on a que deux jours et qu’on ne veut pas faire un aller-retour, ça l’est encore plus.

Le train pour Briançon fait une série d’arrêts avant sa destination finale (Embrun, Montdauphin-Guillestre, L’argentière-Les-Écrins…), ce qui laisse une palette de possibilités pour les points de départ et d’arrivée.

Embrun est un bon point d’arrivée, parce que Lucie et Antoine y habitent et que ça serait l’occasion de les voir.

Le Queyras est intéressant, d’autant que je n’y ai jamais vraiment mis les pieds, mais pas facile de relier Embrun de agréablement depuis ce massif.

Il y a quelques années, j’ai randonné sur le tour de l’Oisans et ai particulièrement apprécié les paysages. Pourquoi ne pas partir sur ce secteur ?

E. D'Ascoli Photographies

L’Argentière-la-Bessée -> Embrun pourrait être un bon choix. 24,5 km les séparent à vol d’oiseau. L’itinérance et un lieu de départ différent de l’arrivée représentent un défi supplémentaire. C’est parti !

Le parcours

Cherchons maintenant un parcours précis. Ce que je recherche, c’est de la haute montagne. Et si possible rester perché le plus longtemps possible sans redescendre dans les vallées.

Le refuge du Pré de la Chaumette semble être un bon point de chute pour la nuit du dimanche au lundi. 1800m d’altitude, entouré de cols à plus de 2400m, j’y suis déjà passé en 2010 pendant le tour de l’Oisons et c’est un refuge très sympathique.

Jour 1 : L’Argentière-la-Bessée → Refuge du Pré de la Chaumette

J’ai d’abord envisagé de passer par Valouise et le col de l’Aup Martin. Ça avait été ma grande frustration du tour de l’Oisons : la gardienne du refuge m’avait dissuadé d’emprunter ce chemin à cause de l’enneigement, alors que c’était promis comme l’un des plus beaux passages de la randonnée.

Problème : passer par ce Valon ajoute beaucoup de kilomètres. Pas trés raisonnable pour un premier jour, surtout quand on est pas acclimaté à l’altitude.

Ce sera donc en passant par le col de la Pousterle (au dessus de Puy Saint-Vincent), remontée jusqu’au Pas de la Cavale et descente sur le refuge du Pré de la Chaumette.

Ce qui représentera tout de même 33,5 km et 2300 m de dénivelé positif.

Profil du jour 1

Jour 2 : Refuge du Pré de la Chaumette → Embrun

L’itinéraire était moins évident pour le deuxième jour. Il s’agit de rejoindre Embrun, mais il n’y a pas d’itinéraire franc et direct.

Ce sera donc le col du Cheval de Bois puis celui de Prelles (2800 m), descente sur le Grand Lac des Estaris (qui promet d’être magnifique) puis Prapic (1500 m). Depuis Prapic, direction Embrun en ligne droite par le col des Tourettes (2600 m).

Là aussi, un parcours long et plutôt engagé, mais un passage au village de Prapic pour éventuellement recharger quelques batteries.

Au total, 51 km et 2350 m de dénivelé positif, en deux cols.

Profil du jour 2

Entraînement

Rien de magique ici. Pour être capable d’encaisser plusieurs (entre 6 et 10) heures de course par jour, il faut courir. 🙃

Vincent, mon entraineur à l’ESN m’a concocté un plan d’entrainement incluant des séances de VMA, du travail au seuil et des sorties longues.

Pendant 3 mois, ça sera donc 3 à 4 entrainements par semaine, soit environ 30 à 40 kilomètres.

La difficulté principale sera de trouver les moments pour s’entraîner. J’ai fini par opter pour le rythme suivant : - Stade un soir par semaine - Sortie longue le dimanche soir (une fois les enfants couchés, vivent les longues soirées d’été) - Le reste des entraînements le midi pendant la pause déjeuner

A quelques exceptions prêt (par exemple, une sortie sur les 25 bosses à Fontainebleau), j’ai tenu ce rythme pendant les 3 mois de preparation.

Équipement

La difficulté ici réside dans plusieurs points :

  • Pour courir, il faut être le plus léger possible.
  • La montagne est imprévisible, il faut prévoir le matériel de sécurité nécessaire.
  • Une nuit en refuge, donc repas et hébergement compris, mais requiert un peu de matériel (drap de couchage, t-shirt propre, etc.)

Au total, environ 2 kg de matériel (hors vivres de course et eau).

Vêtements

Je compte partir directement en tenue de course à pieds : un short, un t-shirt ou débardeur (selon la météo) et une bonne paire de chaussures.

En montagne, la météo peut être complètement imprévisible. Je partirai donc avec ce qu’il faut pour rester dans des conditions de sécurité suffisantes (seconde couche, veste et pantalon imperméable, gants) et aussi avec ce qu’il faut pour se protéger du soleil (casquette, tour de cou).

Pour la soirée au refuge, un t-shirt propre est toujours du meilleur effet pour ne pas importuner mes colocataires.

  Quantité Poids
Veste imperméable 1 193 g
Pantalon imperméable 1 178 g
T-shirt respirant 1 89 g
Débardeur respirant 1 0 g
Deuxième couche 1 217 g
Tour de cou 1 0 g
Short (slip intégré) 1 67 g
Chapeau/casquette 1 48 g
Chaussettes 1 43 g
Gants 2 30 g

Matériel

Rien que tu très basique ici, mais expliquons un peu les choses.

Je pars avec des bâtons. Je n’en ai pas l’habitude en trail, mais plus en randonnée (et en ski nordique), et je pense qu’ils apportent un vrai plus (notamment en cas de grosse fatigue) dans des terrains hostiles comme en montagne, sur des névés ou dans des pentes régulières. Ils représentent tout de même 10% du poids total du sac, mais je pense que ça les vaux.

J’emmène une toute petite serviette en microfibre pour pouvoir prendre une douche au refuge. Quand je dis toute petite, elle fait à peine 30 cm par 30 cm. Le drap de couchage est rendu obligatoire par la nuit en refuge.

  Quantité Poids
Sac de trail 1 291 g
Bâtons 2 294 g
Flasques de 500 mL 2 52 g (vides)
Couteau léger 1 30 g
Papiers et argent 1 30 g
Téléphone portable 1 68 g
Lunettes de soleil 1 21 g
Drap de couchage 1 110 g
Frontale légère de secours 1 27 g
Piles pour la frontale 2 6 g
Carte IGN 1 86 g
[Toute petite] Serviette 1 14 g
Papier toilette    

Pharmacie

Une petite pharmacie pour fermer des micro-bobos, faire passer des douleurs et aussi faire le minimum pour attendre les secours en cas de gros pépin.

  Quantité
Couverture de survie 1
Elastoplaste 50 cm
Coheban 1 m
Compeed de différentes tailles 6
Désinfectant 2 pipettes
Compresses stériles 6
Steristrips 1 pochette
Coalgan 2 sachet
Doliprane 8 * 100 mg
Aerius 2 cachets
Spasfon 6 cachets
Crème solaire 1 tube
Lentilles jetables 2 paires

Nourriture

La nourriture en trail, c’est traître. Le moindre faux-pas peut vous renvoyer chez vous en quelques heures, donc autant en prendre soin.

J’ai travaillé ma stratégie nutritionnelle pendant ma préparation (et ces derniers mois/années), je sais précisément ce qui me convient et avec quels aliments je ne prend pas de risques.

Je partirai donc avec des gels Aptonia 700 et des Cliff Bars. Je profiterai aussi des passages dans différents refuges et auberges pour prendre une soupe, un plat de pâtes et/ou un Coca.

Les recommandations font état d’un besoin en sucres de 60 g par heure. Je sais que je suis un peu en dessous de ces besoin (et que j’ai de la réserve) donc je prévois de partir avec 45 g par heure de course prévue et je m’appuierai sur les arrêts intermédiaires pour consommer d’autres aliments si le besoin s’en fait sentir (en cas de saturation sucrée, par exemple).

Le total représente 1,1 kg, soit 20 gels et 8 barres. A celà s’ajoute 1 litre d’eau, qui sera renouvellé régulièrements aux torrents sur le chemin.


Au moment de la publication de ce billet, le départ est dans 6 jours. La météo semble plutôt clémente et le matériel est prêt. En ce qui concerne le bonhomme, c’est moins évident. Il a subit une méchante crève la semaine dernière et a du mal à en revenir.

Ça va le faire !